Sur Les Traces D’amkoullel, L’enfant Peul par Wilfried N’Sondé

Le cœur des enfants léopards
par Wilfried N’Sondé

Un jeune homme a perdu son premier amour. Mireille vient de le quitter, de briser le lien ultime de l’enfance. Perdu, il sombre dans l’alcool et, dans un état second, commet l’irréparable. Du fond d’une cellule où il est en garde à vue, sa mémoire s’enroule et se déroule comme un chant intérieur. Et c’est la voix des ancêtres qui résonne soudain, celle qui impose partage, honneur et héritages, celle qui réinvente l’Afrique sublimée – mensonge des exilés -, celle qui croit encore à la conscience du peuple noir. Mais cette Afrique magnifiée n’existe pas pour ce jeune homme. Sa vie s’est blottie dans la région parisienne, dans cette ville, ce pays devenus pour lui une réalité de métissage et de réussite intime. Une vie d’amitiés et de compagnonnages, de cités, de quartiers et de voisinages, de fêtes d’enfance et de sensualité, de violence aussi mais jusqu’alors maintenue à distance comme peut l’être la peur. Avec une implacable justesse de ton, Wilfried N’Sondé explore la douleur de l’amour, l’appartenance et la violence, le désir et l’effroi comme autant de scansions qui ordonnent l’architecture de ce livre aussi émouvant que percutant.

Sur les traces d’Amkoullel, l’enfant peul
par Amadou Hampâté Bâ, Bernard Magnier

Adages, conseils, quatrains mystiques, fables didactiques, documents originaux, manuscrits, répliques savoureuses prononcées au cours d’entretiens ou de causeries… se mêlent aux photographies de Philippe Dupuich, parti en 1998, sur les traces d’Amkoullel, l’enfant peul. Ce livre invite à rencontrer ou à retrouver un homme riche, multiple et toujours surprenant, à revisiter les lieux qui l’ont vu naître et grandir (en particulier la boucle du Niger, au Mali), et à fréquenter une véritable école du bonheur.

Oui, mon commandant !
par Amadou Hampâté Bâ

Amkoullel l’enfant peul, maintenant âgé de vingt-deux ans, entame dans ce deuxième volume de Mémoires sa carrière de jeune fonctionnaire de l’administration coloniale en Haute-Volta (Burkina-Faso). Après un long voyage au cours duquel il commence à noter tous les récits oraux dont il deviendra le dépositaire, le jeune homme un peut naïf du début se marie, fonde une famille, et devient peu à peu, à travers mille aventures cocasses, émouvantes ou dramatiques,, un homme sage capable de porter sur le monde qui l’entourait un regard à la fois perspicace, subtil et rigoureux. Mais c’est la formidable énergie de ce récit qui frappe le plus : par-delà son caractère autobiographique, c’est un vaste tableau, fascinant et vivant, de l’Afrique coloniale de cette époque qu’il nous offre. On se délecte des anecdotes rapportées avec cette verve et cet humour inimitable dont l’auteur a le secret, on savoure l’extraordinaire galerie de portraits de chefs coloniaux aux surnoms évocateurs – les commandants Porte-baobab, Diable boiteux ou Boule d’épines – croqués avec lucidité et tendresse à la fois… et l’on en apprend plus que dans bien des traités. Au fil du récit se dessine une évolution spirituelle qui trouve son accomplissement à la fin de l’ouvrage, en 1933, lorsque l’auteur, de retour au Mali, reçoit de son maître spirituel Tierno Bokar les enseignements d’amour et de tolérance qui, dit-il vont féconder le reste de sa vie.

Vie et enseignement de Tierno Bokar
par Âmadou Hampâté Bâ

Au début de ce siècle, au coeur de l’Afrique, au Mali, la lumière de Dieu a brillé sur un homme : Tierno Bokar, que l’on appelait le Sage de Bandiagara. Cheikh de la confrérie soufi Tidjaniya, Tierno Bokar fut une pure et haute figure non seulement de l’Islam en Afrique noire, mais de la spiritualité universelle. Sa vie est retracée d’abord dans ses lieux et dans son contexte politique et religieux pour situer la parole et l’enseignement du Maître, qui font l’objet des deux autres parties de l’ouvrage.

Contes initiatiques peuls
par Amadou Hampaté Bâ

Aux premiers âges du peuple peul apparut une terrible sorcière, Njeddo Dewal, mère de toutes les calamités, suscitée par Dieu lui-même pour punir les Peuls de leurs péchés… Au fil de multiples aventures, à la fois féeriques et fantastiques, ce conte traditionnel fondamental illustre la lutte éternelle entre le Bien et le Mal, le Bien étant ici incarné par un enfant miraculeux, Bâgoumâwel – avatar africain du Petit Poucet – qui seul pourra finalement triompher de la formidable puissance maléfique de Njeddo Dewal. Kaïdar raconte le voyage initiatique de trois compagnons, à travers un pays souterrain parsemé de rencontres symboliques et mystérieuses, vers la demeure du ” lointain et bien proche Kaïdara “, dieu de l’or et de la connaissance. Sur le chemin du retour, un seul sortira victorieux de toutes les épreuves : celui qui, par amour de la connaissance, aura su ne rien garder pour lui de tut l’or reçu dans la demeure du dieu. ” Devenu roi sans l’avoir cherché “, il recevra plus tard, en suprême récompense, la visite de Kaïdara lui-même et la révélation des secrets de tous les symboles rencontrés. Derrière l’aspect récréatif de ces deux grands contes africains conçus pour tus les âges, chaque image, chaque événement recèlent un important ensemble de notes sur la symbolique et la spiritualité africaines. Ces textes initiatiques, parmi les plus importants de l’héritage peul, illustrent les pièges à discerner et les étapes à franchir lorsqu’on est engagé dans la voie difficile de la conquête et de l’accomplissement de soi.

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